Projet de Développement Durable de DioguéLe développement durable de Diogué s’impose à la fois pour préserver l’environnement fragile de l’ile, pour améliorer les activités économiques et les conditions de vie sur l’ile. Mais c’est un véritable défi.Le Plan Local de GIZC de Diogué a formulé des propositions en 2014. Le projet KAFOO déposé en réponse à l’appel à projet GIZC Europaid de l’Agence Mondiale contre le Changement Climatique (AMCC+) s’appuie sur un constat réalisé avec les habitants :

  1. Environnement fragile : Diogué est particulièrement touchée par l’érosion qui s’accélère depuis une dizaine d’années : les rizières sont attaquées par le sel, les activités de la pêche sont perturbées, le déménagement de l’école s’est imposé, des bâtiments s’effondrent.
  2. La protection du littoral et des terres cultivables exige des mesures de protection (épi, digues, etc.) et un travail de plantation d’arbres. Cela signifie des moyens importants que l’ile ne peut mobiliser seule.
  3. Le développement des activités autour de la pêche est difficile faute d’énergie et de possibilités de réfrigération.
  4. Les terres cultivables sont fragiles même si il est possible de diversifier l’activité agricole spécialisée actuellement sur la riziculture : le  maraîchage et l’arboriculture ont un potentiel et il faut investir dans ces domaines.
  5. Pour ne rien arranger les conditions de vie sont difficiles : sans eau potable ni solutions d’assainissement les habitants doivent recourir à des puits et des plaques solaires individuelles à la faveur de tel ou tel programme particulier..

Le projet de développement durable esquissé en 2013-2015 à l’occasion du Plan Local de Gestion Intégré des Zones Côtières (PLGIZC) avait identifié 13 priorités mais les moyens qui avaient été estimés n’ont pas été débloqués. Les habitants se sentent isolés et abandonnés.

Pourtant rien n’est perdu. Un projet plus pragmatique et recherchant une dynamique entre les différents secteurs a été élaboré avec les habitants. Il s’appuie sur deux piliers pour démarrer :

  1. l’action contre l’érosion mobilisant des solutions douces à la portée des habitants, Le repérage des sites sensibles a été réalisé par Patrick CHEVALIER en janvier 2018. Une première tranche de travaux a été réalisée en 2019 et 2020 avec le soutien de l’association « Un ponton pour Carabane ».
  2. L’amélioration d’activités pouvant devenir source de revenus, à commencer par l’accès au marché des villes pour les produits halieutiques. Cette amélioration permet d’amorcer la pompe sur d’autres activités génératrices de revenus (élevage de volailles et fruits) puis l’affectation des ressources dans des activités plus délicates à auto-financer.

La recherche de ressources financières a été engagée (pour l’érosion : première tranche), elle sera permanente.

Cette véritable économie du développement durable est délicate. Elle sera possible grâce à une gouvernance sur trois pieds :

  1. Un comité du développement qui regroupe les acteurs économiques et qui peut définir des orientation et assurer un suivi des initiatives.
  2. Les Groupement de femmes actifs dans les différents secteurs en charge des tâches pratiques : commercialisation, mobilisation de compétences et de partenaires, communication pour valoriser les initiatives, rechercher des financements.
  3. Une large cercle national et international de compétences, de soutiens à ce développement : experts, scientifiques, journalistes, amis de la Casamance, du Sénégal, des iles isolées … toutes les bonnes volontés seront sollicitées.

Diogué se développera  dans le respect des ressources humaines et naturelles et dans l’intérêt des habitants.